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Saturday, 10 July 2021

La canço de les balances (The song of the scales) - Josep Maria Carandell

Català

(Castellano, English, Français debajo/follow/en-dessous)

Doncs era un rei que tenia
el castell a la muntanya,
tot el que es veia era seu:
terres, pous, arbres i cases,
i al matí des de la torre
cada dia els comptava.

La gent no estimava el rei,
i ell tampoc no els estimava,
doncs de comptar en sabia,
però amor no li'n quedava.
Cada cosa tenia un preu,
la terra, els homes, les cases.

Un dia un noi del seu regne
vora el castell va posar-se,
i va dir aquesta cançó
amb veu trista però clara:

Quan vindrà el dia en què l'home
valgui més que pous i cases,
més que les terres més bones,
més que les plantes i els arbres.
Quan vindrà el dia en què a l'home
no se'l pese amb les balances.

El rei va sentir el noi,
el va fer agafar i amb ràbia
va ordenar que li donessin
cent cinquanta bastonades,
i a la torre el va tancar,
castigat a pa i aigua.

Però el poble encara sap
la cançó de les balances,
i quan s'ajunten els homes,
rient i plorant, la canten.

Castellano


Érase un rey que tenía
el castillo en la montaña,
todo lo que se veía era suyo:
tierras, pozos, árboles y casas,
y por la mañana desde la torre
cada día los contaba.

La gente no amaba el rey,
y él tampoco los amaba,
pues de contar si sabía
pero amor no le quedaba.
Cada cosa tenía un precio,
la tierra, los hombres, las casas.

Un día un chico del reino
junto al castillo se puso,
y dijo esta canción
con voz triste pero clara:

Cuando vendrá el día en que el hombre
valga más que pozos y casas,
más que las tierras más buenas,
más que las plantas y los árboles.
Cuando vendrá el día en que al hombre
no se le pese con balanzas.

El rey escuchó al chico,
lo hizo coger y con rabia
ordenó que le dieran
ciento cincuenta palos,
y en la torre lo cerró,
castigado a pan y agua.

Pero el pueblo aún sabe
la canción de las balanzas,
y cuando se juntan los hombres,
riendo y llorando, la cantan.

English


Once upon a time was a king 
his castle was in the mountain,
all that was seen was his:
lands, wells, trees and houses,
and in the morning from the tower
every day he counted all them.

The people did not love the king,
and he did not love them either,
because he knew counting,
but he had no love anymore.
Everything had a price,
the land, the men, the houses.

One day a boy from his kingdom
came near the castle,
and sung this song
in a sad but clear voice:

When will come the day when man
worth more than wells and houses,
more than the best lands,
more than plants and trees.
When the day will come when man
will not be weight with scales.

The king heard the boy,
he made him arrested and angrily
ordered to give him
one hundred and fifty canes,
and locked him in the tower,
punished with bread and water.

But the people still know
the song of the scales,
and when men come together,
laughing and crying, they sing it.

Français


Eh bien, il était un roi qu'il avait
le château sur la montagne,
tout ce qui a été vu était à lui:
terres, puits, arbres et maisons,
et le matin de la tour
chaque jour il les comptait.

Le peuple n'aimait pas le roi,
et il ne les aimait pas non plus,
il savait compter,
mais il n'avait plus d'amour.
Tout avait un prix,
la terre, les hommes, les maisons.

Un jour un garçon de son royaume
près du château il se tenait,
et dit cette chanson
d'une voix triste mais claire :

Quand viendra le jour où l'homme
vaut plus que des puits et des maisons,
plus que les meilleurs terres,
plus que des plantes et des arbres.
Quand viendra le jour où l'homme
ne soit pesé pas avec une balance.

Le roi entendit le garçon,
il l'arrêta et avec colère
il ordonna de le lui donner
cent cinquante cannes,
et dans la tour il le ferma,
puni au pain sec et à l'eau.

Mais les gens savent toujours
le chant des balances,
et quand les hommes se rassemblent,
en riant et en pleurant, ils le chantent.

Wednesday, 7 July 2021

Bonheur de la sagesse - 5. Percée

Qu'est-ce qu'est le bonheur?

  • Conclure que tous les êtres veulent être heureux et éviter la souffrance, n'est pas une proposition bouddhiste ou d'une philosophie particulière, mais une déduction de bon sens issue de l'observation de notre comportement et celui des autres. 
  • Comment définir et atteindre le bonheur?  Y a-t-il une chose que soit cause de bonheur pour tous?  En fait, il n'y a en pas, en tout cas il n'y a pas d'objet extérieur que fonctionne pour tous.  En fait nous sommes attrapés par des habitudes enracinées très profondément que perpétuent notre souffrance.
  • Souvent on croit qu'une de ces habitudes, définir l'expérience en termes dualistes, "soi", "moi" est une espèce de défaut pour le bouddhisme.  En fait, le dualisme est un aspect de la conscience: un instrument utile, mais limité.
  • Notre nature de bouddha a plus de capacités, mais la vision dualiste nous empêche d'éprouver tout notre potentiel. Il nous faut un outil différent pour changer notre expérience.

Erreur et illusion

  • Comme des lunettes de verre colorée, nos habitudes conditionnent notre vision du monde.  Nous sommes tellement habitués, que nous n'arrivons même pas a imaginer, qu'on puisse expérimenter la réalité sans ce conditionnement.
  • Notre biologie, culture et expérience passée nous font croire que les distinctions relatives sont des vérités absolues, et les concepts des expériences directes.
  • Cela génère un sentiment de malaise obsédant, une dukkha flottante derrière tout.  Par réaction à cette malaise, nous attribuons aux personnes, objets et situations, des qualités imaginaires (comme la permanence, singularité et indépendance), ce qui voile davantage notre vision.

Le premier pas

  • La NV4, la vérité de la voie, dit que pour mettre un terme à la souffrance, il faut couper court aux habitudes de perception dualiste et aux illusions qui les maintiennent en place.  Pour le faire, nous ne les combattons ni les supprimons, mais nous les acceptons et explorons.  Dukkha devient notre guide.
  • Au début, les expériences coulent trop vite, elles semblent floues, difficiles à discerner.  Mais avec de l'effort et patience, on commence à les distinguer, à les voir les différentes idées, croyances, états d'esprit.  Et en suite, des fissures, des trous, ces idées ne semblent plus aussi solides qu'on le croyais.  Cette mirage commence à s'écrouler.
  • Au départ, il y a de la confusion mais nous comprenons progressivement notre nature.  Il y a trois bosses dans le chemin: la singularité, la permanence, et l'indépendance.

La permanence

  • Les machines tombent en panne, les objets se cassent, les personnes tombent malades et meurent.  Nous aussi.  Nous changeons d'emploi, de partenaire, de domicile.
  • Bien que nous admettons le changement, nous sommes accrochés à l'idée de permanence: qu'il y a un noyau qui reste stable dans les personnes, objets et situations.  Le bouddha compare cette croyance à grimper sur un arbre de aspecte solide, mais creux à l'intérieur, plus nous montons et sommes accrochés, plus probable qu'il s'écroule.
  • Moi, vous, changeons constamment au niveau mental et émotionnel.  Ce changement est plus évident si on l'examine sur une longue durée: le "moi" enfant s'intéressait à des choses que le "moi" présent ne regarde plus.  C'est ainsi les cas pour les autres, parfois la transformation est telle qu'on a mal à le reconnaître.
  • Aussi notre corps physique subit des changements constants (e.g. les hormones).  A niveau atomique tout est en constant mouvement et changement.
  • Si on tient compte de toutes ces choses, où trouvera-t-on la permanence?

La singularité

  • De l'illusion de permanence vient l'idée de singularité: la croyance que le "noyau essentiel" persistant est indivisible et unique.  C'est tellement subtile que nous ne le voyons pas jusqu'à on nous le fait remarquer.
  • Quand nous racontons notre expérience, nous referons constamment à "je", mais ce "je" est décrit en relation à des situations très différentes, parfois avec des états intérieurs très différents.  Nous pouvons argumenter que sont des différents parties de "je", mais alors, laquelle c'est "je"?

L'indépendance

  • C'est qui Mingyur Rinpoché? Son puce, sa main, son bras, le corps?  La culture, la famille ou il a grandi? Les expériences d'adulte?
  • Quand nous voyons Mingyur Rinpoché, on le voit d'un certain angle (droit, gauche), et aussi conditionnés par si nous le connaissons, ou pas, même nous pouvons pas savoir que les robes sont du bouddhisme tibétain.
  • Donc, quand nous attribuons indépendance à un objet, c'est qu'un concept, comme la singularité.  Tout est composé, surgit par un grand nombre de causes et de conditions différentes, étroitement reliées entre elles. Chaque partie est faite de matière qui arrive de beaucoup d'endroits différents et il faut un procès pour tout assembler (construction, croissance).
  • Nous pouvons tout décomposer en parties de plus en plus fines, jusqu'à arriver aux modernes théories ou les particules subatomiques, ne sont que des paquets d'énergie en mouvant.  Tout émerge par l'interdépendance des causes et conditions.
  • C'est pareil pour nos pensées et émotions, sont interdépendantes d'un grand nombre de causes et conditions.
  • Comme impermanence, que peut présenter des avantages, comme change à un travail meilleur, guérir d'une maladie, l'interdépendance peut également nous être favorable.

La vacuité

  • Si tout est relatif, impermanent et interdépendant, cela signifie-t-il que je ne suis pas réel?  Il y a quatre possibilités: oui; non; oui et non; ni oui ni non.
  • Nous voyons des objets que sont en essence des concepts, nous expérimentons les pincements et joies du changement, nous éprouvons de émotions, nous cherchons le bonheur et voulons être à l'écart de la souffrance.  Impossible a nier tout cela, et même nous ne pouvons pointer quelque chose comme d'incontestablement permanente, singulière et permanente.
  • Si nous décomposons les expériences (voire la matière) en éléments de plus en plus fins, en cherchant leurs causes et conditions, nous arrivons à une voie sans issue.  Mais c'est pas une voie morte, c'est le premier aperçu de la vacuité, la base d'émergence de toute expérience possible.
  • La vacuité est au centre du deuxième cycle d'enseignements du Bouddha et c'est un des termes le plus déroutants de la philosophie bouddhiste.
  • Le terme sanskrit est shunyata du shunya "zéro", et le terme tibétain tongpa-nyi, du tongpa "vide", -ta et -nyi placés après un nom ou adjectif ajoutent une idée de possibilité ou d'ouverture [Note CB: ou la notion d'être une qualité avec laquelle qualifier une chose, une situation, comme bonté est la qualité d'être bon].  Donc vacuité ne veut pas dire zéro, mais zéro-ité, un espace infiniment ouvert qui permet à tout d'apparaître, de changer, de disparaître et de réapparaître.
  • Voilà une excellent nouvelle.  Si tout était permanent, singulier ou indépendant, rien ne changerait, nous serions coincés à jamais là où nous sommes, sans grandir ou apprendre, rien ni personne pourrait nous affecter.  Le rapport entre cause et effet n'existerait pas.  Mais ce n'est pas le cas, n'est-ce pas? Si nous poussons l'interrupteur la lampe s'allume, si on met l'eau au feu, elle chauffe.
  • Donc, sommes nous, nos sentiments réels? Du point de vue de l'expérience, oui, mais si nous regardons au-delà de ces phénomènes, nous ne trouvons rien dont on puisse dire qu'il existe par soi.  Nous définissons tout par rapport à d'autres choses, et chaque chose est un flux constant de causes et conditions qui changent à chaque instant, car se met en relation avec d'autres causes et conditions, et ainsi jusqu'à l'infini.
"Nous ne pouvons pas vraiment dire, d'un certain côté, que tout ce dont nous faisons l'expérience existe par soi, ce qui est une façon de considérer la vacuité.  Mais nous pouvons dire d'un autre côté, puisque tout ce que nous vivons émerge de la collision temporaire de causes et conditions, il n'y a rien qui soit vacuité." (pg. 152)
  • En d'autres termes, la nature fondamentale, la réalité absolue, de toute expérience est vacuité.

Être et voir [introduction à la deuxième partie du livre]

  • Pour faire l'expérience de tout chose, nous avons besoin de la capacité de la percevoir.  Les pensés, émotions, sont les effets de notre pouvoir fondamentale de faire toutes les expériences possibles.  Le Bouddha nous dit que les qualités de la nature de bouddha: sagesse, puissance, bienveillance et compassion, sont infinies, illimités, immensurables.  En d'autres termes le fondement de la nature de bouddha est la vacuité.
  • C'est vacuité n'est pas être un zombie, car il y a une clarté de la conscience fondamentale que nous permet d'expérimenter et distinguer les phénomènes.  Et cette clarté est inséparable de la vacuité.  "Moi" et l'expérience de "moi" son simultanées.
  • Certains psychologues parlent de "vision innocente", l'expérience qu'on a quand on regarde par première fois quelque chose de vaste, que la distinction entre l'expérience et le "soi " s'efface.
  • Souvent on fait l'erreur de croire que pour atteindre la vision innocente il faut éliminer la perception relative.  En réalité, la perception relative est aussi une expression de la nature de bouddha, de même que la réalité relative (les choses existent) est une expression de la réalité absolue (tout est vacuité).  Nos pensés, émotions ont comme des vagues qui se lèvent et tombent sur un océan infini de possibilités infinies.  Mais nous voyons que les vagues, aveugles à l'océan.

Avancer

  • Le plan de guérison de dukkha du bouddha élude parler de la vacuité.  En approfondissant dans la souffrance et ses causes, la sagesse relative, nous pouvons atteindre la sagesse absolue.
  • La sagesse relative, qui nous permet avancer ver l'éveil, est la phase préparatoire.  Nous devons d'abord nous familiariser avec nos habitudes et pour cela on va pratiquer la méditation.

Résumé

  • Nous ne pouvons pas expérimenter un vrai bonheur durable parce que nous utilisons l'approche limitée du dualisme.  Notre conscience est conditionnée par nos habitudes mentales et émotionnelles, comme la biologie, la culture, et les expériences personnelles.
  • La NV4 est: pour donner un terme à notre souffrance nous devons couper court avec nos habitudes de perception dualistes et les illusions que les entretiennent.  Ce couper court ne se fait pas en les combattant ou supprimant, mais en les accueillant et les explorant.  Dukkha devient notre guide.
  • Il y a trois bosses du chemin: permanence, singularité, indépendance
  • Toutes les expériences peuvent se découper en morceaux de plus en plus petits jusqu'à arriver a une voie morte: c'est la vacuité.

Question

  • Est-ce que vous avez eu l'expérience d'être devant quelque chose si vaste, que vous avez resté sans mots?  Ou en écoutant une musique, ou la tonnerre, ou le silence dans une grotte?  Ou en ayant un moment d'Eureka, d'avoir compris quelque chose?
  • Pourquoi j'ai commencé à méditer? Quel a été mon chemin jusqu'à venir pratiquer dans ce group?

Méditation

  • 4 nobles vérités et souffle

The science of meditation

During 6 weeks we have been studying the book kof Richard Davidson and Daniel Goleman.  We used these slides  as  supporting material.