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Saturday, 25 September 2021

Bonheur de la sagesse - 7. Attention

L'esprit est comme un oiseau, qui vole de branche en branche d'un arbre.  L'oiseau n'arrête jamais, attiré par chaque événement, et il termine épuisé.  La première pratique enseigné aux débutants et pour permettre l'oiseau de se poser.  Cette pratique est appelée en tibétain shiné (skt. shamata), que signifie demeurer en repos.

Nous réagissons à toute expérience avec un jugement: ça me plait, ça ne me plait pas, je n'en sais rien.  Ce jugement nous pousse à changer, ce que fait que nous recommençons.  Shamata nous invite à nous arrêter sur la branche où nous sommes et regarder, ce qui nous permet de distinguer ce que nous voyons de ce que nous jugeons.

La simple conscience d'apprécier toutes les expériences telles qu'elles sont est une expression de la clarté de notre nature de Bouddha.  Nous pouvons donc, reconnaitre, les choses que nous voyons, écoutons, etc., et en même temps nos pensées, jugements, émotions.  Notre clarté est illimité, nous pouvons reconnaître à la fois toutes les choses sans les confondre.  Shamata nous aide à reconnaître la clarté même avec toute une panoplie de méthodes.

Premier pas: l'attention sans objet

Nous ne nous fixons pas sur rien, nous observons simplement le vaste rang d'expériences que viennent et partent.  Nous restons comme après avoir accompli une tâche longue et fatigante.  Mais nous ne laissons l'esprit vagabonder.  Shamata sans objet est reposer l'esprit dans sa clarté naturelle, que est toujours présente pour nous, comme l'espace est toujours présent.  La conscience "est", tout simplement.  Shamata sans objet est aussi appelée conscience ou méditation ouverte.

Deuxième pas: l'attention a la forme

La conscience mental est la capacité d'organiser l'information reçue a travers des sens et créer un concept mental.  C'est comme un oiseau frétillant, mais nous pouvons le poser pendant un moment fixant l'attention sur un des sens.  Le terme technique de poser l'attention sur le sens de la vue est la méditation sur la forme.  Nous posons l'attention simplement sur la forme ou la couleur et nous alternons ceci avec la conscience ouverte.  Si nécessaire nous pouvons cligner les yeux.

Quand nous posons l'attention sur an objet nous le voyons comme une entité séparée, mais quand nous lâchons prise nous pouvons petit a petit, nous rendre compte que nous percevons est une image projeté par l'esprit, et que finalement il y a pas de distinction entre ce qu'il est vu et l'esprit qui le voit.

Troisième pas: l'attention sur le son

C'est similaire à la méditation sur la forme.  Nous pouvons fixer l'attention sur n'importe quel son, proche ou lointaine, sans besoin de les identifier. Simplement, nous cultivons la conscience nue de tout son que nous écoutons, alternant entre fixer et la conscience ouverte.  Une avantage de cette méditation est qu'elle peut nous aider à nous détacher de la manie d'essayer de donner un sens à tout ce qu'il se passe.

L'histoire de l'homme sensible aux sons dans le monastère illustre bien que que les sensations nous dérangent dans la mesure que nous les résistons.

Question

Quelles sont mes expectatives quand je m'assois pour méditer?

Est-ce que vous avez eu une discussion a propos du classement du turquoise comme bleu ou vert ou similaire?  Si c'est le cas, qu'est-ce que générerait le désaccord entre vous et l'autre personne? 

Méditation

Lâcher prise des expectatives/Méditation sur la forme?

Quatrième pas: l'attention au corps

Nous habitons un corps qui nous donne plein d'opportunités pour découvrir les possibilités de la conscience.  Se concentrer sur la respiration est particulièrement utile quand nous sommes stressées ou distraits.  Cela engendre un état de calme et conscience que nous sereine et nous rends objectifs.  Pour renforcer l'attention nous pouvons compter les inspirations et expirations, jusqu'à sept, onze ou vingt et un pour recommencer le comptage.  La pratique de la respiration peut se faire à tout moment, n'importe où ("anytime, everywhere, even in the city").

Nous pouvons aussi utiliser toutes les sensations physiques y compris la douleur, sans la considérer comme une menace ou un ennemi, mais comme l'occasion de prendre conscience de la conscience.  Assis dans la posture de méditation, nous reposons en conscience ouverte, et ensuite nous explorons les sensations dans une zone du corps.  Nous pouvons voir les opinions, jugements, interprétations que nous créons autour de la sensation.  Nous alternons l'observation avec la conscience ouverte.

Les sensations physiques désagréables, dans la mesure où l'on ressent vivement la douleur ou l'inconfort, sont très efficaces pour fixer l'esprit conscient qui connaît la sensation.  Nous ne devons croire que fixer la douleur, soulagera notre mal.  Cela augmenterait notre espoir que la douleur va cesser et notre peur que cela n'arrive pas.  Quand on fixe la douleur, elle peut se déplacer, disparaître ou s'intensifier, même devenir insupportable, dans ce cas il faut changer de méthode, respiration, sons, ou faire quelque chose complètement différente comme se promener.

Cinquième pas: attention aux pensées

Les techniques précédentes sont une préparation au travail avec les pensées.  Cette multitude d'idées, jugements, concepts sont plus insaisissables que les sensations, les sons ou les images.  Sans matérialité, on peut toutefois prendre conscience, en faisant cela, se rendre compte de l'esprit ou tout apparait..  Comme disait le père de Mingyur Rinpoché "la pensée est l'activité naturelle de l'esprit, l'expression de son pouvoir de tout produire"

L'attention aux pensées est les observer simplement sans s'attacher à eux ni se concentrer dessus pour les faire partir.  Ils vont et viennent, "comme des flocons de neige qui tombent sur une pierre chaude".  Mais nous y attribuons souvent une solidité que n'est pas vraie.

A fur et mesure que nous observons, nous apprécions des espaces entre les pensées, d'abord assez courts, mais avec la pratique les espaces s'élargissent en nous pouvons reposer sur l'attention sans objet.

L'observation des pensées est comme regarder la télé, nous voyons ce qu'il se passe sans être dedans.  Est beaucoup plus simple que la plupart l'imagine, rester conscient quelque soit l'expérience.  On ne sort de la méditation que si on essaye de contrôler ou changer les pensées.

Au début il nous est très difficile d'observer les pensées associés à des expériences ou émotions désagréables.  Dans ce cas évitons de regarder l'objet (l'ennemi, l'occasion ratée, etc.) et mieux se concentrer sur les pensées qui surgissent.

Histoire du médecin et la flèche empoisonnée.

La méditation se fait en premier reposant l'esprit et puis alternant l'observation des pensées et de la conscience ouverte.  A la fin, nous pouvons constater l'expérience: beaucoup ou peu de pensées, pensées claires ou pas claires, fugaces ou persistants, il y avait des espaces? 

Sixième pas: attention aux émotions

Souvent les émotions sont vivaces et durables.  Cela fait qu'elles soient très utiles comme supports de méditation et, en même temps, peut rendre le travail compliqué.  C'est pour cela qu'il faut s'entrainer d'abord avec les autres objets.

Il y a trois catégories d'émotions: positives, négatives et neutres, que se mirrorent avec notre classement des expériences: me plait, ne me plait pas, je ne sais pas.

  • Les émotions positives (telles que compassion, amitié, loyauté,...) renforcent l'esprit, la confiance et le pouvoir d'aider les autres.
  • Les émotions négatives (telles que la colère, la tristesse, la jalousie, l'envie,...) affaiblissent l'esprit, la confiance, et accroîtrent la peur.
  • Les émotions neutres sont les états d'esprit des expériences que ne nous attirent pas (regarder un crayon, le son d'une goute de pluie au milieu d'un orage, l'odeur des briques d'un mur).
Lors que nous regardons une émotion positive, nous pouvons nous concentrer à la fois sur le sentiment et l'objet.  L'objet devient un support pour l'émotion et l'émotion un support pour se concentrer sur l'objet.

Par contre, si nous regardons une émotion négative, se concentrer sur l'objet renforce notre idée que l'objet est responsable de l'émotion: "c'est l'individu ou la situation qui me fait mal".  Cela arrive avec le désir.  Il est préférable de regarder simplement l'émotion, sans nous accrocher ni résister.  Progressivement l'émotion ne semblera aussi solide, durable ou vrai qu'au départ. 

Quand une l'objet d'une émotion troublante devient trop vivace ou persistant pour l'ignorer, il faut surtout pas que nous essayons de le bloquer.  Or, nous plaçons l'attention sur nos sensations ou pensées de sorte que l'objet devient finalement un support pour notre méditation.

La pratique de méditation se fait en premier reposant le corps, puis rester en conscience ouverte, et alterner le regard sur une émotion (si plusieurs nous choisissons la plus vivace) et la conscience ouverte. A la fin, nous observons si les émotions ont persisté, changé, étaient claires, se sont cachées, il y avait des espaces, plutôt positives ou négatives.

Question

Qu'est-ce que vous expérimenté pendant la méditation d'aujourd'hui?  Les émotions ont persisté, changé, étaient claires, se sont cachées, il y avait des espaces, plutôt positives ou négatives?

Méditation

Méditation sur les émotions/Méditation sur la douleur

Saturday, 11 September 2021

Bonheur de la sagesse - 6. Des outils de transformation

Pour voler il faut deux ailes: la sagesse, la compréhension de la nature de la réalité, et la méthode pour transformer la sagesse relative en expérience effective.

L'histoire d'Ananda, assistant du Bouddha Shakyamuni illustre comment la manque de pratique empêche atteindre le résultat.  Seulement après le décès du Bouddha, mis à l'écart de la communauté, il décida pratiquer et il atteint très vite l'éveil.

Les trois stades de la pratique

Écoute: signifie apprendre, connaître le sens intellectuellement, il peut se faire aussi par la lecture.

Reflexion: est peaufiner ce qu'on a appris, par ñoyen des question et des réponses plutôt spontanées.

Méditation: c'est l'expérimentation sans jugement des enseignements.  Il faut s'ouvrir à l'observation des pensées, émotions et sensations.

L'ego a des connotations négatives dans les traditions modernes (par ailleurs, non créés par les premiers travaux de Sigmund Freud).  Il est une identification du continuum de notre expérience avec une entité que nous appelons "moi", un autre concepte que nous utilisons de manière similaire aux concepts de "main" ou "pied".  Par conséquent, bien qu'il soit une illusion, il ne faut essayer de s'en débarrasser de manière artificielle com l'histoire de l'étudiant de Tai Situ Rinpoché.

Les trois approches aux expériences

Rejeter: faire le possible pour s'écarter ou ignorer l'expérience

Se soumettre: aux pensées, émotions et besoins.

Regarder:  le bouddhisme préconise cette troisième approche.  Le tibétain utilise "gom", se familiariser, pour faire reference à la méditation.  C'est utiliser l'esprit pour regarder l'esprit.  Mais cela peut être compliqué, comme essayer de regarder son propre visage sans utiliser un miroir.  L'esprit est brouillé par les pensées et les émotions, toujours actif et nous nous laissona atrapper par cette activité.  L'habitude de regrader par la fenêtre et vois toute cette activité, nous fait oublier que c'est la fenêtre qui nous permet de voir.  Méditer c'est tourner l'attention vers la fenêtre elle-même et vers son intérieur.  Mais, ce regard peut avoir différents points de vue.  C'est en reculant que nous nous rendons compte que ces points de vue sont aspects d'un apanorame plus vaste.

Dresser le cheval

La posture de méditation est comparée à la relation entre le cheval et le cavalier.  Un cheval tranquille peut calmer un cavalier agité.  Il faut une posture physique à la fois alerte et détendue.  Trop détendue, le cheval s'arrête, trop alerte, le cheval est troublé.

Posture en sept points de Variocana (skt. illumination, soleil)

  1. Base solide, jambes croisés
  2. Mains au giron, l'une sur l'autre ou les paumes sur les genoux
  3. Laisser l'espace entre les bras et le torse (posture du vautour), pour ne pas encombrer la respiration
  4. Dos droit comme "une flèche", garder l'alerte du corps
  5. Incliner le menton vers la poitrine pour détendre l'arrière du cou
  6. Bouche un peu ouverte ou naturellement détendue
  7. Yeux ouverts, regard vers le bas pour garder une alerte calme.  Le regard ne bouge pas, sans viser un point particulier.
Posture en deux points
  1. Garder le dos droit
  2. Detendre les muscles

L'équilibre physique, aide à équilibrer les trois aspects de l'expérience: prana, nadi et bindu (tb. loung, tsa, thiglé). Ces aspects sont l'énergie que génère le mouvement (du corps), les canaux par où cette énergie circule, et les gouttes d'essence vitale propulsées par les canaux.  Physiquement on peut les assimiler aux veines (nadi), cellules sanguines (bindu) et l'énergie de pompage du coeur (prana).  Les trois aspects doivent rester en équilibre, au cas contraire se manifestent les maladies.  À niveau plus subtil sont les agrégats de concepts (bindu), les relations entre les concepts (nadi), et l'énergie que fait bouger les concepts (prana).  Les aspects subtils (mental) et grossier (physique) des trois aspects sont liés.

Dresser le cavalier

L'esprit doit aussi trouver son équilibre entre alerte et détente pour exprimer son potentiel.  Trop détendu, on reste dans le flou sans savoir qu'est-ce passe-t'il.  Trop alerte, nous partons dans le bavardage mentale.

Nous pouvons regarder les expériences de l'esprit comme les enfants s'amusent à regarder les nuages:  un bateau, un chat, une maison...

Question

Qu'est que m'a aidé ou poussé à passer de l'étude à la méditation?

Méditation

Dresser le cheval, dresser le cavalier



Sunday, 5 September 2021

Bonheur de la sagesse - Resumé de la vision

 

  • Le chemin suivi par Mingyur Rinpoche est changer la relation avec les expériences.  Les quatre nobles vérités font une analyse simple et directe de la réalité et nous proposent une manière de mettre une fin à nos difficultés.
  • La NV1, "il y a de la souffrance", c'est un simple fait, dont il y a deux sortes: a souffrance naturelle et celle crée par soi-même.  Cette dernière est ne pas accepter le fait que tout change (de manière grossière ou fine).
  • La NV2,  "la cause de la souffrance ne sont pas les circonstances ou événements, sinon la manière comme nous percevons les expériences" pointe l'origine.  La racine de cette perception est l'attachement aux émotions afflictives.  Pour se débarrasser de l'espoir et de la peur (le commun dénominateur des émotions) il faut ne pas essayer de le faire. 
  • La NV3, "toute souffrance arrive a un terme".  Nous pouvons faire face à tout inconfort en nous identifiant avec notre capacité d'expérimenter tout.  En faisant ça la souffrance s'arrête.  Il n'y a plus rien à craindre ou résister.  Même la mort ne peut plus nous perturber.
    • Il y a deux types de conscience: pure, expérimenter les choses comme elles sont; conditionnée, quand nous voyons la réalité avec la coloration des émotions.
    • Notre nature de bouddha a trois qualités: sagesse illimitée, capacité illimité de quitter la souffrance, bienveillance et compassion immesurables 
  • La NV4 , "pour donner un terme à notre souffrance nous devons couper court avec nos habitudes de perception dualistes et les illusions que les entretiennent".  Combattre ne sert à rien, seulement l'accueille et observation nous libère.  Dukkha devient notre guide (le poison devient médicine).  Dans le chemin nous trouvons trois concepts que font obstacle: permanence, singularité, indépendance.  En découpant notre expérience en morceaux de plus en plus petits nus arrivons à une voie morte: c'est la vacuité.

Meditation

4NV vérités et souffle
  1. Inspirons et reconnaissons les sensations (souffrance)
  2. Si nous rejetons, changeons, ou essayons de retenir l'expérience, nous souffrons (cause)
  3. Les sensations changent tout le temps aussi celles que nous n'aimons pas (cessation)
  4. Si nous acceptons l'expérience telle quelle est nous cous commençons à expérimenter la libération (voie de libération)

The science of meditation

During 6 weeks we have been studying the book kof Richard Davidson and Daniel Goleman.  We used these slides  as  supporting material.